N'y allons pas par quatre chemins, si le site n'a pas été mis à jour depuis plus d'un mois et demi maintenant, c'est que j'ai été plutôt bien occupé ! Et sur Apple II bien entendu. Car non, je n'ai toujours pas laissé tomber ce passe-temps qui sent bon la naphtaline, bien au contraire...

Car quand on a l'occasion de récupérer pour quelques temps, la plus belle collection de disquettes Apple II en France, on ne fait pas la fine bouche ! Et on fonce... Voilà comment nous nous sommes retrouvés, mon compère Antoine et moi-même, avec les disques provenant de la collection personnelle de Jean-Marc, alias Deckard. Il y a là tout l'héritage du HackerChest, célébrissime centrale d'achat de la fin des années 80 mais aussi différents autres lots de disquettes récupérés deci-delà par Jean-Marc au fil des années. Notre mission (et nous l'avons acceptée) : tout numériser sous forme d'images disk afin de préserver ce patrimoine. Quand j'ai commencé le job, j'étais frais et enthousiaste ("sot est le jeune padawan" comme dirait l'autre). Mais trois semaines plus tard, à raison de plusieurs heures par jour à enfourner des disquettes dans le lecteur, je bénis matin et soir Jean-Marc, d'avoir eu l'infinie sagesse et la clairvoyance d'insister pour dispatcher le boulot entre Antoine et moi... Il faut dire que le bougre sait de quoi il en retourne, ayant déjà eu l'occasion de numériser plusieurs centaines de ses propres disques par le passé.

 

 

Je sais que cela n'a l'air de rien sur cette malheureuse photo mais il y a environ 1000 disquettes de posées sur cette table. À raison de deux faces pour la plupart d'entre elles (qu'il faut retourner manuellement bien évidemment), cela fait beaucoup, beaucoup de boulot en perspective ! De son côté, Antoine en a quasiment autant à passer à la moulinette...

 

 

 

La carte Uthernet (slot 1) est en place dans le premier Apple qui est ainsi relié au PC. Le second Apple IIe utilisé, ça sera bien entendu notre ami Frank avec sa carte CFFA3000.

 

 

 

 

ADTPro à gauche pour envoyer directement les DSK vers le PC à partir de la disquette physique. FastDSK sur celui de droite pour effectuer le transfert vers la CFF3000 et sa clef USB ! Deux façons différentes de faire des .dsk mais au final, une même galère !

Jeux bonus : sur cette photo apparaissent également un IIc, le Switch NMi de l'article précédent qui est déjà à l'abandon et une boîte à musique (qui décidément s'incruste sur beaucoup de photos). Saurez-vous les trouver ? !

 

Lire (et relire) autant de disquettes ne se fait pas sans dégat. Il faut nettoyer les têtes de lecture régulièrement. Au début, je prenais la peine d'éteindre l'Apple II (et même de débrancher le connecteur Disk) pour effectuer la manip. Mais au bout de quelques temps, j'ai commencé à faire ça à la hussarde : Apple II allumé, câbles connectés. Y compris pour le DISK II où il faut enlever la carte analogique pour atteindre la tête ! Vous remarquerez le superbe support en carton fait maison entre les deux drives !

 

 

 

Quand FaskDSK affiche ça lors de la lecture d'une disquette, on sait que la journée va être longue... Tout ce qui est en vidéo inversée représente un secteur dont les données sont fucked. La solution ? Nettoyer la disquette, refaire un passage, nettoyer la tête, refaire un passage, prier, refaire un passage, pleurer, refaire un passage...

 

 

 

 

 

 

25 disques plus tard, cela ne s'arrange toujours pas. Décidément cette boîte là me prendra la tête (de lecture...) jusqu'au bout !

 

 

 

 

 

 

 

Ici un exemple de disquette difficilement lisible (doux euphémisme) : un délicat coulis parfum chocolat (véridique) s'est répandu sur l'enveloppe du disque et par la même occasion sur la surface magnétique elle-même. Le lecteur de disquette, nettement moins gourmet, en sera quitte pour une bonne vieille gastro !

 

 

 

 

 

 

Bref, après un bon coup de chiffon (ou dix), on finit par arriver à une lecture sans erreur. En apparence... Les chiffres indiquent le nombre de relectures effectuées par secteur avant que tout soit correctement lu. Pas de video-inverse à l'horizon, alors tout "devrait être" OK ! Oui les guillemets sont bien là pour indiquer qu'en réalité, c'est un peu plus compliqué et moins idyllique que ça... Mais à ce moment là, j'étais encore naïf et plein d'espoir ! À noter que je reviendrai très probablement sur ce point précis dans un article d'ici quelque temps.

 

 

 

 

Je ne vais bien entendu pas mettre un screenshot pour chaque disquette. Passons directement au résultat final. Voici ce qu'on obtient après trois semaines complètes d'enfer : plus de 1900 fichiers .DSK. Même si certaines disquettes n'ont hélas pas pu être récupérées, l'essentiel a été préservé et le résultat est plutôt positif !

 

 

Il est bien évident que dans les jours et semaines qui viennent, une grosse mise à jour des différentes galeries ainsi que du Hall of Fame, est à prévoir. Entre les fichiers dont je me suis occupé, ceux provenant du lot sur lequel travaille actuellement Antoine, et ceux déjà réalisés par Jean-Marc, c'est à terme plus de 2 giga de fichiers .dsk qui devront  être digérés... Crise de foie en perspective !